Kungs : Layers, du remix de This Girl au premier album


04 novembre 2026

Dix ans aujourd’hui pour Layers, le premier album de Kungs. Avant ses douze titres et ses collaborations internationales, il y eut une découverte sur YouTube, un remix devenu un succès mondial et la nécessité de construire un album en pleine tournée.

Tout commence par une recherche personnelle. Kungs explore sur YouTube des morceaux de soul et de blues lorsqu’il découvre la version originale de « This Girl », enregistrée par Cookin’ On 3 Burners. Les cuivres et la basse retiennent immédiatement son attention. Sa réaction, racontée plus tard en interview, tient en une phrase : « I have to remix this and add my personal touch on it. » Cette envie de transformer le morceau va bientôt dépasser de très loin le cadre d’un simple remix.

This Girl, le morceau qui change l’échelle du projet

Pour sa relecture de « This Girl », Kungs conserve l’énergie des cuivres et de la ligne de basse. Il retire les passages qu’il juge moins efficaces, réorganise le titre selon une structure davantage tournée vers la dance et renforce notamment le kick. L’intervention ne consiste donc pas seulement à accélérer ou à habiller la version originale : le producteur sélectionne, resserre et reconstruit le morceau afin d’y apposer sa propre signature.

Le résultat prend une ampleur que Kungs n’avait pas anticipée. « This Girl » atteint la première place en France et en Allemagne et devient le déclencheur de sa carrière internationale. Ce succès précède largement la publication de Layers et crée les conditions dans lesquelles son premier album va paraître. Le disque n’est pas conçu comme un simple écrin ajouté autour d’un tube : Kungs cherche au contraire à multiplier les associations et à donner un caractère particulier à chaque titre.

Cette volonté explique le nom Layers, « couches » en anglais, et la construction plurielle du projet. Kungs laisse la direction de l’album évoluer au fil de son travail, sans imposer à tous les morceaux une formule identique. Autour de sa production viennent ainsi se greffer Luke Pritchard, Jamie N Commons, Ritual, Rae Morris, Wolfgang et Cookin’ On 3 Burners. L’artiste et cet album figurent également dans la programmation de RADIO COLLECTION.

Un premier album construit entre deux étapes de tournée

Après l’essor de « This Girl », Kungs doit développer un long format alors que son calendrier de tournée est déjà lancé. Il aménage des périodes de studio au milieu de ses déplacements pour faire avancer les morceaux. Cette organisation donne à Layers une histoire de fabrication étroitement liée aux rencontres : plutôt que de rester enfermé dans une seule configuration, le producteur travaille avec plusieurs chanteurs et musiciens, chacun intervenant dans un cadre distinct.

« Melody », enregistré avec Luke Pritchard, illustre la rapidité que peuvent prendre ces séances. Le morceau naît d’une base particulièrement réduite : un accord de guitare, une ligne de basse et un beat. À partir de ces trois éléments, les deux artistes développent puis terminent le titre en une seule journée. L’anecdote résume une méthode concrète présente dans la naissance de l’album : partir d’une idée simple, laisser la collaboration lui donner une direction et décider rapidement lorsqu’une combinaison fonctionne.

Cette façon d’avancer permet à Kungs de ne pas chercher à reproduire systématiquement « This Girl ». Le succès du remix ouvre la voie au disque, mais le producteur utilise le format album pour juxtaposer des collaborations et des approches différentes. Les douze titres de Layers deviennent ainsi le terrain sur lequel il peut prolonger son travail de transformation tout en l’élargissant à d’autres partenaires.

À Londres, l’électronique rencontre le blues

« Don’t You Know » apporte un autre exemple précis de cette construction collective. Le morceau est principalement réalisé à Londres, dans un studio partagé avec Jamie N Commons. Kungs arrive avec son approche électronique tandis que le chanteur apporte ses racines blues. Le titre se développe à partir de ce contraste, non comme une opposition à effacer, mais comme la matière même de leur collaboration.

Avec « This Girl », « Don’t You Know » accompagne la période qui mène à la publication de Layers. Les deux morceaux installent le nom de Kungs avant l’arrivée du disque, mais racontent aussi deux manières de travailler. Dans le premier cas, le producteur part d’un enregistrement déjà existant, en préserve certains éléments et en remodèle la structure. Dans le second, il partage le studio avec un chanteur venu d’un autre univers et construit le morceau au contact de cette différence.

Publié le 4 novembre 2016, Layers rassemble finalement douze titres sous la production de Kungs. Dix ans plus tard, son histoire reste attachée à cet enchaînement très concret : une chanson trouvée en ligne, une relecture devenue internationale, des studios intégrés à une période de tournée et plusieurs collaborations conçues pour ne pas enfermer le premier album dans le modèle de son succès initial.

Sources et pour aller plus loin

L’interview de Kungs publiée par American Top 40 revient directement sur sa découverte de « This Girl », ses choix de réarrangement et l’ampleur inattendue prise par le morceau. BroadwayWorld détaille le travail mené pendant la tournée ainsi que la création de « Melody » en une journée.

L’entretien accordé à DMC World Magazine complète ce récit avec le contexte londonien de « Don’t You Know » et la rencontre entre l’approche électronique de Kungs et les racines blues de Jamie N Commons.

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Fiche de l'album

Album : Layers

Artiste : Kungs

Anniversaire : 10 ans

Date de sortie : 4 novembre 2016

À retenir : « Melody » a été terminé en une journée