Pixies : The Night the Zombies Came, trois semaines pour tout enregistrer


25 octobre 2026

The Night the Zombies Came fête aujourd’hui ses deux ans. Enregistré à grande vitesse dans le Vermont, l’album des Pixies est né d’une occasion inattendue, d’associations de mots et d’expériences menées presque dans l’urgence.

À l’automne 2023, les Pixies viennent d’achever une tournée lorsqu’une possibilité se présente : le studio Guilford Sound, dans le Vermont, est disponible. Le groupe saisit cette ouverture et s’y installe pour trois semaines. Le calendrier impose une méthode directe, avec des journées durant lesquelles jusqu’à trois chansons sont répétées, apprises puis enregistrées. Cette vitesse ne constitue pas seulement une contrainte de planning : elle devient le cadre de fabrication de The Night the Zombies Came.

Trois chansons dans une même journée

Pour mener ces séances, les Pixies retrouvent Tom Dalgety. Le producteur avait déjà travaillé avec eux sur Head Carrier, Beneath the Eyrie et Doggerel. Cette continuité permet au groupe de se lancer rapidement dans les morceaux, sans longue phase d’installation. Les chansons sont travaillées dans un format resserré, parfois presque immédiatement après avoir été apprises.

Cette session accélérée aboutit à treize titres. Elle correspond aussi à un changement important dans la formation : l’arrivée d’Emma Richardson à la basse. Son recrutement commence par un appel inattendu de Tom Dalgety, alors qu’elle se consacre principalement à la peinture. Elle rejoint ainsi un groupe qui s’apprête à entrer en studio dans des délais particulièrement courts.

Ce point de départ donne à l’album une histoire fondée sur les circonstances et les décisions rapides : un studio soudainement libre, une nouvelle bassiste appelée par le producteur et trois semaines pour transformer les morceaux en disque. Loin d’un projet construit autour d’un récit prémédité, The Night the Zombies Came prend forme par fragments successifs.

Les zombies arrivent par association

Le titre pourrait faire croire à un véritable album-concept. Black Francis a pourtant écarté cette lecture. Le mot « zombie » revenait dans plusieurs textes par un jeu d’associations, jusqu’à s’imposer comme le lien possible entre les chansons. « Zombie is just an associative word », résume-t-il. L’image n’est donc pas le point de départ d’une intrigue continue, mais un motif récurrent découvert à travers les paroles.

Cette construction rejoint la manière dont l’Associated Press décrit le disque : une succession de petites vignettes, dotées d’une dimension presque cinématographique, plutôt qu’une histoire suivie. Les créatures et les images fantastiques servent ainsi de points de passage entre des scènes distinctes. Le titre rassemble cet ensemble sans lui imposer artificiellement un scénario unique.

Cette logique associative convient à un album dont la fabrication elle-même repose sur l’élan. Le mot récurrent devient un titre, tandis que des idées conçues dans d’autres contextes trouvent finalement leur place sur le disque. The Night the Zombies Came, également diffusé sur RADIO COLLECTION, conserve ainsi la trace de trouvailles apparues en cours de route.

De Que Sera, Sera à The Vegas Suite

La dernière chanson de l’album, The Vegas Suite, illustre particulièrement ce cheminement. Son point de départ se trouve dans Que Sera, Sera, standard des années 1950. Les Pixies en avaient enregistré une version pour un programme télévisé consacré à des créatures de science-fiction. Black Francis ne pensait pas, à l’origine, l’intégrer au nouvel album.

Le morceau finit pourtant par être repris et transformé jusqu’à devenir The Vegas Suite. Une commande extérieure rejoint donc les treize chansons et prend place dans l’univers fantastique du disque. Son origine fait écho au motif des zombies : là encore, une idée qui n’avait pas été conçue comme la pièce d’un grand récit trouve sa fonction dans l’ensemble.

Chicken procède d’une autre expérimentation. Joey Santiago raconte que le groupe s’est amusé à chercher une personnalité sonore au « poulet » présent dans la chanson. Le guitariste travaille ses interventions et ses solos avec une règle précise : suggérer l’animal sans tomber dans une imitation littérale de caquètement. L’anecdote résume une part de la méthode des Pixies sur cet album, où une image insolite peut devenir le point de départ d’une recherche instrumentale concrète.

Un disque façonné par les occasions

Sorti le 25 octobre 2024, The Night the Zombies Came fête aujourd’hui ses deux ans. Son histoire tient moins à un plan établi longtemps à l’avance qu’à une série d’occasions saisies : la disponibilité de Guilford Sound, l’appel adressé à Emma Richardson, les séances menées à vive allure, puis l’intégration d’une chanson issue d’un projet télévisé.

Le résultat conserve ces différents points de départ sans les réduire à un concept unique. Le mot « zombie » joue le rôle de trait d’union, tandis que The Vegas Suite et Chicken montrent comment le groupe transforme une référence ancienne ou une idée volontairement étrange en matière de studio. Deux ans plus tard, l’image la plus parlante reste celle des Pixies réunis dans le Vermont, capables de mener jusqu’à trois chansons en une seule journée.

Sources et pour aller plus loin

L’entretien publié par Rolling Stone Australia apporte les récits directs de Black Francis, Joey Santiago et Emma Richardson sur le titre de l’album, Chicken et l’arrivée de la bassiste. MOJO détaille pour sa part les trois semaines passées à Guilford Sound et le rythme particulièrement rapide des séances.

BMG revient notamment sur la collaboration avec Tom Dalgety et sur l’origine de The Vegas Suite, d’abord liée à une adaptation de Que Sera, Sera.

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Fiche de l'album

Album : The Night the Zombies Came

Artiste : Pixies

Anniversaire : 2 ans

Date de sortie : 25 octobre 2024

À retenir : L’album a été enregistré en trois semaines