Mike Rutherford à 76 ans : comment un projet parallèle à Genesis est devenu une seconde carrière


02 octobre 2026

Mike Rutherford fête aujourd’hui ses 76 ans. Membre fondateur de Genesis, le bassiste et guitariste a construit avec Mike + The Mechanics une autre histoire, née pendant une interruption de son groupe et portée par des chansons comme Silent Running et The Living Years.

Avant les grandes scènes, il y a une école et deux groupes concurrents. À Charterhouse, Mike Rutherford joue avec Anthony Phillips dans Anon. Peter Gabriel et Tony Banks appartiennent de leur côté à The Garden Wall. En 1967, la fusion de ces deux formations donne naissance à Genesis. Le point de départ tient donc moins à un plan de carrière qu’au rapprochement de jeunes musiciens déjà reliés par leur environnement scolaire.

Dans Genesis, Rutherford occupe une place qui correspondra durablement à son tempérament artistique. Bassiste, guitariste et auteur-compositeur, il contribue à la construction collective des morceaux sans chercher à devenir le chanteur principal. Bien plus tard, il résumera sa manière de se définir en une phrase simple : « I’m primarily a songwriter », « Je suis avant tout un auteur-compositeur ».

Un second groupe né dans l’intervalle

En 1985, Genesis traverse une période d’interruption. Rutherford profite de cet espace pour créer Mike + The Mechanics, avec notamment le chanteur et claviériste Paul Carrack. Le projet est alors parallèle à Genesis, mais il ne tarde pas à acquérir sa propre identité. Son premier album contient deux titres qui l’installent rapidement : Silent Running (On Dangerous Ground) et All I Need Is a Miracle.

Le premier rencontre un succès important au Royaume-Uni comme aux États-Unis. Le second atteint le Top 10 américain. Rutherford revient ensuite travailler avec Genesis pour la période de l’album Invisible Touch, avant de relancer les Mechanics en 1988. Sa trajectoire ne suit donc pas une rupture nette entre deux groupes : elle avance par alternance, entre la formation qu’il a contribué à fonder et un projet devenu une seconde carrière.

Cette double appartenance éclaire aussi son goût pour la collaboration. Rutherford préfère le travail collectif à une exposition personnelle permanente. Même lorsqu’il donne son nom aux Mechanics, il partage le premier plan avec des interprètes capables de porter les chansons. Les titres de Genesis et de Mike + The Mechanics figurent également dans la programmation de RADIO COLLECTION.

The Living Years, une histoire familiale devenue chanson

La réussite la plus forte de Mike + The Mechanics arrive avec The Living Years. Écrite par Mike Rutherford et B. A. Robertson, puis chantée à l’origine par Paul Carrack, la chanson puise en partie dans la relation de Rutherford avec son père, officier de marine pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette relation est décrite comme affectueuse, mais difficile.

La nuance compte : The Living Years ne se réduit pas au récit direct d’un décès. Son origine tient plus largement à une communication compliquée entre un père et son fils, et à ce qui reste parfois impossible à dire au bon moment. Le morceau transforme cette matière personnelle en un texte confié à une autre voix, fidèle à la préférence de Rutherford pour une création partagée plutôt qu’une confession placée entièrement sous les projecteurs.

La chanson atteint la première place du classement américain des singles. Elle vaut aussi à Mike + The Mechanics deux nominations aux Grammy Awards, liées notamment à son enregistrement et à son écriture. Ce succès confirme que le projet lancé pendant une pause de Genesis n’est plus une simple parenthèse : il possède désormais son répertoire, ses interprètes et son propre parcours.

Quatre chansons nouvelles, une hanche cassée et un morceau en attente

Quarante ans après la création des Mechanics, Rutherford n’a pas cessé de travailler selon cette logique pragmatique. Pour la tournée 2025 de Mike + The Mechanics, organisée au Royaume-Uni, en Autriche et en Allemagne, il a écrit quatre nouvelles chansons. Deux d’entre elles ont été interprétées sur scène.

Le calendrier aurait pu être plus fourni. Rutherford a expliqué qu’il aurait pu enregistrer une troisième chanson s’il ne s’était pas cassé la hanche. Quant à un quatrième morceau, il ne lui paraissait pas suffisamment abouti. Plutôt que de le terminer à tout prix, il a choisi de le laisser de côté : « It doesn’t work and rather than forcing it, I parked it and will get back to it later », soit « Cela ne fonctionne pas et, plutôt que de forcer, je l’ai mis de côté pour y revenir plus tard ».

Cette décision prolonge le portrait d’un auteur-compositeur plus attaché au fonctionnement d’une chanson qu’à l’obligation de la publier. À 76 ans, Mike Rutherford reste ainsi associé à deux aventures collectives distinctes : Genesis, né de la réunion de groupes scolaires, et Mike + The Mechanics, créé dans un intervalle puis installé dans la durée. Son actualité la plus concrète tient encore à ce geste d’écriture : deux chansons testées devant le public, une troisième contrariée par une blessure et une quatrième laissée sur l’établi.

Sources et pour aller plus loin

L’entretien Mike Rutherford Still Living His Musical Years, publié par Best Classic Bands, revient sur sa préférence pour la collaboration, la naissance de Mike + The Mechanics et l’inspiration personnelle de The Living Years.

L’interview de Mike Rutherford réalisée à Leipzig en 2025 par Genesis News apporte ses propos directs sur les nouvelles chansons, sa blessure à la hanche et le morceau qu’il a préféré mettre en attente.

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