30 septembre 2026
Robby Takac a 62 ans ce 30 septembre. Bassiste, chanteur et cofondateur des Goo Goo Dolls, le musicien de Buffalo accompagne depuis quatre décennies les transformations d’un groupe d’abord baptisé Sex Maggots, construit autour de sa complémentarité avec John Rzeznik.
Avant les succès internationaux et la redistribution des rôles au micro, il y a deux musiciens aux lacunes presque parfaitement assorties. Robby Takac a résumé leur point de départ avec une franchise amusée : lorsqu’il a rencontré John Rzeznik, lui-même ne savait pas encore vraiment écrire une chanson, tandis que son futur partenaire ne savait pas faire durer un groupe. La formule éclaire la mécanique des Goo Goo Dolls : une association née moins d’un plan établi que de deux apprentissages menés en commun.
Né le 30 septembre 1964 à Buffalo, dans l’État de New York, Robert Carl Takac Jr. était déjà engagé dans la scène locale avant la création du groupe qui allait occuper l’essentiel de sa carrière. Il a joué au sein de Monarch, puis des Beaumonts, où il a rencontré Rzeznik. Lorsque les Beaumonts se sont séparés en 1985, les deux musiciens ont recruté le batteur George Tutuska et lancé une nouvelle formation.
Un premier nom difficile à conserver
Cette formation ne s’est pas immédiatement appelée Goo Goo Dolls. Son premier nom, Sex Maggots, correspondait à des débuts plus abrasifs, mais s’avérait nettement moins acceptable commercialement. En 1986, Takac, Rzeznik et Tutuska ont adopté le nom Goo Goo Dolls. Derrière ce changement se dessinait déjà une capacité qui deviendrait essentielle : évoluer sans rompre complètement avec le groupe des origines.
Takac en était alors le chanteur principal. Sur les trois premiers albums, sa voix occupait le devant de la scène avant que Rzeznik ne prenne progressivement une place plus importante au chant. Ce déplacement n’a pas effacé Takac du répertoire. Il a continué à écrire et à interpréter certains morceaux, tout en tenant la basse et en participant à la construction des chansons. Son parcours ne se réduit donc pas à celui d’un instrumentiste resté en retrait derrière une voix devenue plus identifiable.
Le changement d’équilibre a accompagné une transformation plus large. Après le départ de George Tutuska et son remplacement par Mike Malinin, Name, publié pendant la période de A Boy Named Goo, a offert au groupe son premier grand succès commercial. Puis Iris, principalement liée au travail de John Rzeznik et associée à la bande originale de City of Angels, a encore élargi sa notoriété. Les Goo Goo Dolls, également diffusés sur RADIO COLLECTION, avaient alors parcouru une longue distance depuis les clubs de Buffalo et leur premier patronyme difficilement programmable.
Deux voix, mais une construction commune
La montée en avant de Rzeznik n’a pas mis fin au dialogue créatif entre les deux fondateurs. Takac décrit plutôt leurs morceaux comme des constructions successives : une idée peut être apportée par Rzeznik, enrichie par Takac, puis développée jusqu’à devenir une chanson — ou abandonnée si elle ne trouve pas sa forme. « Nous avons tendance à trouver nos propres idées, puis nous les apportons et commençons à travailler dessus ensemble », a-t-il expliqué à propos de cette méthode.
Takac conserve parallèlement sa propre production. Interrogé sur son travail pour un album, il racontait avoir écrit environ six chansons avant de déterminer assez rapidement lesquelles il souhaitait garder pour lui-même. Free of Me, l’un des deux titres qu’il chantait sur le disque évoqué, illustrait à ses yeux une constante : ses compositions restaient souvent plus proches de la sonorité des premiers Goo Goo Dolls.
Cette persistance donne à sa voix une fonction particulière. Elle ne cherche pas à reproduire celle de Rzeznik ; elle maintient un lien avec une autre époque du groupe. La coexistence des deux chanteurs raconte ainsi son évolution de l’intérieur : Takac était la voix principale au départ, puis il est devenu une voix moins fréquente, mais toujours identifiable dans le répertoire.
Du contrôle interne aux sessions dans les bois
La manière de composer a elle aussi changé. Pendant leurs premières années, les Goo Goo Dolls travaillaient de façon plus autonome. À partir de Let Love In, ils ont davantage ouvert l’écriture aux producteurs et à des collaborateurs extérieurs. Cette évolution ne s’est cependant pas transformée en méthode immuable. Takac distingue les projets où une direction arrive de l’extérieur de ceux où le groupe reprend collectivement la main.
Pour Chaos in Bloom, les musiciens ont ainsi développé leurs idées ensemble, notamment pendant des sessions organisées dans les bois. Le cadre favorisait une fabrication collective plutôt qu’un processus entièrement conduit par un producteur imposant ses propositions. Quarante ans après la formation du groupe, cette façon de travailler renvoyait à la logique du duo fondateur : chacun arrive avec une idée, les autres ajoutent des éléments, puis le morceau résiste ou disparaît.
En 2026, les Goo Goo Dolls ont atteint leurs quarante ans d’existence. Takac est également resté lié à Buffalo à travers Music Is Art, festival auquel il est associé, prolongeant son activité au-delà de la scène et du studio. Mais le fil le plus concret reste celui noué avec Rzeznik après la séparation des Beaumonts : un chanteur-bassiste qui apprenait à écrire, un guitariste qui devait apprendre à maintenir un groupe, et un partenariat qui dure encore quatre décennies plus tard.
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