19 septembre 2026
Candy Dulfer fête ses 57 ans ce 19 septembre. De son premier groupe fondé à l’adolescence au succès international de Lily Was Here, la saxophoniste d’Amsterdam a construit son parcours autour d’une priorité constante : jouer en direct et diriger ses musiciens.
Dans la maison familiale, le saxophone occupe déjà la pièce du fond. Hans Dulfer, musicien de jazz, y travaille régulièrement sous le regard de sa fille. « Mon père pratiquait toujours dans la pièce du fond et je rêvais de jouer un de ses saxophones », racontera Candy Dulfer à propos de cette enfance amstellodamoise. Avant de choisir l’instrument qui deviendra sa signature, elle commence pourtant par la batterie, vers l’âge de cinq ans.
La collection de saxophones de son père et les séances de répétition à domicile finissent rapidement par l’attirer. Mais cette proximité familiale ne conduit pas seulement à l’apprentissage d’un instrument. Candy Dulfer retient aussi l’importance du groove, de la discipline collective et de l’honnêteté sur scène. Ces principes resteront au centre de sa manière de travailler et de conduire un groupe.
À quatorze ans, déjà à la tête de Funky Stuff
Candy Dulfer n’attend pas l’âge adulte pour prendre les commandes. À quatorze ans, elle fonde Funky Stuff, son propre groupe, et commence à se faire remarquer sur la scène néerlandaise. Le choix dit déjà beaucoup de son tempérament musical : elle ne se contente pas d’intégrer une formation, elle en devient la bandleader.
Cette expérience précoce installe le cadre de toute sa carrière. Le saxophone alto se place au premier plan d’une musique située au croisement du funk, du R&B, du jazz et de la pop. Cette combinaison lui permet de passer des clubs de jazz aux festivals et aux grandes scènes pop, sans abandonner son identité de musicienne de jazz-funk.
La scène reste d’ailleurs sa véritable mesure du métier. « Mon premier amour a toujours été la scène, jouer de la musique en live avec un grand groupe », explique-t-elle lors d’un entretien autour d’un week-end funk avec Maceo Parker. Les albums comptent, mais Candy Dulfer les place derrière le jeu collectif et le contact direct du concert. Même une carrière solidement organisée peut cependant connaître un instant de panique : elle a raconté avoir failli perdre son saxophone juste avant une prestation importante.
Lily Was Here, l’instrumental qui change l’échelle
Le premier grand basculement arrive à la fin des années 1980 lorsque Dave Stewart l’invite à enregistrer Lily Was Here, un instrumental associé à une bande originale de film. Le morceau repose largement sur le dialogue entre la guitare et le saxophone, dont le solo porte Candy Dulfer auprès d’un public bien plus vaste que celui de ses premières scènes néerlandaises.
Lily Was Here devient un succès international et l’installe parmi les saxophonistes reconnues au-delà du seul circuit jazz. Le titre demeure le moment décisif le plus souvent associé à son parcours : celui où une jeune bandleader d’Amsterdam accède à une visibilité mondiale grâce à un morceau instrumental.
La confirmation arrive avec Saxuality, son premier album solo, enregistré alors qu’elle a 19 ans. Son succès commercial et sa nomination aux Grammy Awards valident son passage du statut de musicienne remarquée à celui d’artiste capable de porter son propre projet. Lily Was Here et Saxuality figurent également dans l’univers musical diffusé sur RADIO COLLECTION.
Cette reconnaissance lui ouvre les grandes scènes internationales et multiplie les collaborations. Candy Dulfer joue avec Van Morrison, Maceo Parker, Chaka Khan et Sheila E. Ces rencontres correspondent à la souplesse de son langage musical : un saxophone enraciné dans le jazz et le funk, mais suffisamment accessible pour trouver sa place dans des contextes pop très différents.
Avec Prince, le live comme ligne directrice
Sa relation musicale avec Prince occupe une place particulière dans cette trajectoire. Leurs collaborations répétées et leurs tournées communes, notamment pendant la période Musicology, renforcent sa visibilité internationale et l’associent durablement à un univers où le funk, la pop et la puissance scénique avancent ensemble.
Ce compagnonnage ne détourne pas Candy Dulfer de ses propres formations. Il prolonge plutôt une méthode installée depuis Funky Stuff : écouter le groupe, maintenir le groove et faire du concert le centre du travail. Sa position de bandleader demeure ainsi aussi importante que son rôle de soliste invitée auprès d’artistes connus.
Aux Pays-Bas, sa présence dépasse progressivement le cadre des salles de concert. Elle devient aussi une personnalité médiatique et siège comme juge dans l’édition néerlandaise de X Factor. Cette exposition accompagne une discographie déployée sur plusieurs décennies, depuis les enregistrements de la fin des années 1980 jusqu’à des projets plus récents.
À 57 ans, Candy Dulfer continue de se produire régulièrement dans des événements consacrés au jazz et au funk, notamment aux côtés de Maceo Parker. Le décor a changé depuis la pièce du fond où répétait Hans Dulfer, mais le principe reste le même : un saxophone, un groupe et la scène placée avant le studio.
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