19 septembre 2026
Kings of Leon célèbre aujourd’hui les 18 ans d’Only by the Night, quatrième album et point de bascule dans la carrière du groupe. Enregistré à Nashville autour de Sex on Fire et Use Somebody, le disque a transformé une formation surtout reconnue en Europe en succès international.
Avant Only by the Night, Kings of Leon possède déjà une histoire solide, mais encore déséquilibrée des deux côtés de l’Atlantique. Ses trois premiers albums ont installé le groupe en Europe, tandis que sa notoriété reste plus confidentielle aux États-Unis. Associés à un rock sudiste et garage, Caleb, Nathan, Jared et Matthew Followill ont cependant commencé à élargir leur terrain de jeu sur Because of the Times, paru en 2007. Le disque suivant va donner à cette évolution une tout autre dimension.
À Nashville, un groupe familial change d’échelle
Pour préparer Only by the Night, Kings of Leon reste près de chez lui. Les séances se déroulent principalement au studio D de Blackbird, à Nashville, durant les premiers mois de 2008. Ce choix place le groupe dans un environnement déjà associé à des projets importants, dont Icky Thump des White Stripes, mais surtout dans un cadre permettant de concentrer le travail sur une courte période.
Les quatre Followill demeurent au centre de la fabrication. Tous sont crédités comme compositeurs et interprètes principaux, Caleb au chant et à la guitare, Nathan à la batterie, Jared à la basse et Matthew à la guitare. Autour de ce noyau familial, la production repose sur Angelo Petraglia et Jacquire King. Petraglia prolonge sa collaboration avec Kings of Leon, tandis que King prend également en charge l’enregistrement et le mixage.
Cette organisation accompagne le passage d’un groupe associé aux clubs à une formation capable d’occuper un espace beaucoup plus vaste. L’évolution ne repose pas seulement sur les compositions : elle s’inscrit aussi dans la manière de construire et de finaliser les morceaux. Lowell Reynolds intervient pour des enregistrements additionnels, Jon Stinson assiste le mixage et Richard Dodd assure le mastering. Sans effacer l’identité des quatre musiciens, cette équipe donne au disque une finition adaptée à son changement d’échelle.
Les couches cachées de Sex on Fire
Sex on Fire offre l’exemple le plus concret du travail réalisé à Blackbird. Le morceau part de prises de base enregistrées en studio, avant d’être complété par des overdubs, des effets et différents traitements ajoutés dans Pro Tools. Derrière l’impact immédiat du titre se trouve donc une construction par couches, menée dans le cadre des sessions concentrées du début de l’année 2008.
Cette méthode éclaire le rôle joué par Jacquire King. Producteur avec Angelo Petraglia, il intervient aussi directement sur la prise de son et le mixage, deux étapes essentielles dans l’assemblage de ces pistes. Sex on Fire devient ainsi plus qu’un single marquant dans la discographie du groupe : le morceau matérialise la rencontre entre les prises de Kings of Leon et un travail de studio suffisamment élaboré pour leur donner une portée nouvelle.
Le titre contribue fortement au changement de statut du groupe, mais il ne porte pas seul la trajectoire de l’album. Avec Use Somebody, Only by the Night dispose d’un second morceau capable d’étendre sa percée bien au-delà du public déjà acquis. Ces deux chansons installent Kings of Leon dans une autre catégorie, celle des groupes dont les refrains passent des salles de concert aux grandes scènes internationales. L’album et le groupe figurent également dans la programmation de RADIO COLLECTION.
Use Somebody, la percée américaine
Le changement devient particulièrement visible aux États-Unis avec Use Somebody. Alors que Kings of Leon y était resté plus discret pendant ses trois premiers albums, le morceau atteint la quatrième place du Billboard Hot 100. Cette performance constitue sa véritable percée auprès du grand public américain et corrige le contraste qui caractérisait jusque-là sa carrière entre reconnaissance européenne et audience nationale plus limitée.
En 2010, Use Somebody remporte le Grammy Award de l’enregistrement de l’année. La récompense distingue le groupe, les auteurs ainsi que Jacquire King pour son travail de producteur et d’ingénieur. Elle donne une traduction institutionnelle au virage amorcé à Nashville : le morceau qui a ouvert Kings of Leon au marché américain reçoit l’une des principales distinctions de l’industrie musicale.
Les résultats d’Only by the Night dépassent largement ceux d’un succès limité à deux singles. L’album entre dans le Top 10 de nombreux pays et atteint la première place sur plusieurs marchés. Ses certifications donnent la mesure de cette diffusion : dix fois platine au Royaume-Uni, soit environ trois millions d’unités certifiées, onze fois platine en Australie et deux fois platine aux États-Unis. Les ventes américaines sont par ailleurs estimées à plus de 2,5 millions d’exemplaires.
Dix-huit ans après sa parution, la place du disque dans la trajectoire de Kings of Leon se lit donc dans un enchaînement très concret : des séances resserrées à Nashville, un travail de production mené par Angelo Petraglia et Jacquire King, puis deux chansons qui portent le groupe à une échelle internationale. Sex on Fire révèle la construction minutieuse derrière l’efficacité du single ; Use Somebody atteint le Top 5 américain avant de recevoir un Grammy. C’est par ces résultats, plus que par une simple rupture d’image, qu’Only by the Night a fait passer les Followill des clubs aux stades.
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