02 septembre 2026
Genesis publiait …Calling All Stations… aux États-Unis le 2 septembre 1997, il y a exactement 29 ans. Seul album du groupe enregistré avec Ray Wilson, ce disque est né du départ de Phil Collins et de la décision de Tony Banks et Mike Rutherford de poursuivre l’aventure sous une nouvelle forme. Une tentative de reconstruction qui deviendra finalement le dernier album studio de Genesis.
En 1996, Genesis se retrouve réduit à deux de ses membres de longue date. Après la tournée de We Can’t Dance et des années de succès avec le groupe, Phil Collins annonce son départ afin de se consacrer à sa carrière solo. Tony Banks et Mike Rutherford doivent alors décider si Genesis peut continuer sans celui qui assurait à la fois le chant et la batterie.
Le changement dépasse largement la simple recherche d’un nouveau chanteur. Il faut remplacer une voix immédiatement associée au groupe, mais aussi réorganiser les séances et redistribuer les rôles en studio. Banks résumera plus tard cette période en une phrase : « C’était le premier album sans Phil, alors tout paraissait différent. »
Ray Wilson entre dans un Genesis à reconstruire
Au milieu des années 1990, Tony Banks et Mike Rutherford auditionnent plusieurs chanteurs. Leur choix se porte finalement sur l’Écossais Ray Wilson, connu pour son travail avec Stiltskin. Ils le jugent capable d’apporter un registre plus sombre et rock tout en s’adaptant au répertoire déjà constitué de Genesis.
Wilson devient ainsi le troisième visage du projet, mais le fonctionnement créatif reste centré sur Banks et Rutherford. Les deux musiciens écrivent l’essentiel de …Calling All Stations… à deux et conservent la direction musicale. Le nouveau chanteur intervient ponctuellement comme coauteur, notamment sur certaines paroles, sans que l’équilibre historique du groupe soit entièrement redéfini autour de lui.
Cette organisation fait du disque une reconstruction très encadrée : une nouvelle voix est installée au premier plan, tandis que les décisions de composition restent principalement entre les mains du claviériste et du guitariste-bassiste. …Calling All Stations… apparaît ainsi moins comme la naissance d’un groupe entièrement neuf que comme une tentative de prolonger Genesis malgré une absence devenue centrale.
Deux batteurs invités pour combler le vide en studio
L’enregistrement se déroule dans plusieurs studios britanniques au cours de 1997. Tony Banks tient les claviers, Mike Rutherford les guitares et la basse, tandis que Ray Wilson enregistre les parties vocales. La batterie impose une autre solution : Phil Collins ne participant plus aux séances, Genesis fait appel à Nir Z et Nick D’Virgilio.
Le recours à deux musiciens invités rend très concret le bouleversement de la formation. Collins avait longtemps occupé une place centrale derrière la batterie avant de devenir le chanteur du groupe. Nir Z et Nick D’Virgilio doivent désormais adapter leur jeu au cadre musical établi par Genesis, pendant que Banks et Rutherford pilotent le projet.
Le titre choisi pour l’album accompagne cette idée de relance. La pochette, dominée par le bleu, montre une silhouette humaine entourée d’un motif évoquant des signaux ou des ondes. Sans symbolique politique ou religieuse explicitement revendiquée, l’image prolonge simplement cet « appel à toutes les stations » lancé par un groupe qui présente alors sa nouvelle configuration.
« Calling All Stations », pièce centrale du nouveau départ
Écrit par Tony Banks et Mike Rutherford, « Calling All Stations » est conçu comme l’un des morceaux centraux du disque. Ray Wilson y porte le registre plus sombre recherché pour cette période post-Collins. La chanson devient logiquement l’une des vitrines du projet et figure parmi les titres mis en avant lors de sa présentation publique.
La première mission de lancement revient toutefois à « Congo ». Choisi comme premier single à l’été 1997 et publié au début du mois d’août, le morceau bénéficie d’un clip et d’une promotion internationale. Il doit introduire auprès du public le nouveau visage de Genesis, désormais incarné au chant par Wilson.
Son parcours montre cependant la difficulté de l’entreprise. Malgré cette exposition, « Congo » ne dépasse pas la 29e place au Royaume-Uni. « Shipwrecked », autre single tiré de l’album et associé à une dimension plus mélodique de cette nouvelle formation, obtient lui aussi des résultats limités et ne renverse pas la tendance commerciale.
De la tour de Berlin au Kennedy Space Center
Pour présenter …Calling All Stations…, Genesis organise un lancement à la mesure du changement annoncé. Le 26 août 1997, Tony Banks, Mike Rutherford et Ray Wilson participent à une conférence de presse et à un mini-concert acoustique depuis la tour de télévision de Berlin. L’événement est diffusé sur la télévision allemande ainsi que sur VH1.
Deux jours plus tard, la même logique événementielle est reprise en Floride, au Kennedy Space Center. Une performance et une interview, diffusées dans le cadre d’un programme radiophonique national, doivent cette fois présenter Ray Wilson au public américain. « Calling All Stations » occupe une place importante dans ces opérations, pensées pour donner une visibilité immédiate à la formation remaniée.
Le disque paraît ensuite au Royaume-Uni et en Europe autour du 1er septembre 1997. Sa sortie américaine intervient le 2 septembre, date dont Genesis célèbre aujourd’hui le 29e anniversaire. Derrière ces lancements dans deux lieux spectaculaires, la question reste la même : le public acceptera-t-il un Genesis privé de Phil Collins ?
Une deuxième place britannique, puis le retrait d’Atlantic
Au Royaume-Uni, la curiosité se traduit par une deuxième place dans le classement des albums. Les performances sont plus modestes dans plusieurs autres pays européens, tandis que les singles ne prolongent pas durablement cet élan initial.
La situation est plus difficile en Amérique du Nord. Atlantic Records juge les ventes insuffisantes et cesse ensuite de soutenir Genesis sur ce marché. Ce retrait constitue un signal concret des limites rencontrées par la tentative de relance avec Ray Wilson, sans pouvoir être présenté à lui seul comme la cause de tout ce qui suivra.
Genesis part encore en tournée pour défendre …Calling All Stations… en 1998. Après cette série de concerts, le groupe entre dans une longue période de hiatus et ne publie plus d’album studio composé de nouvelles chansons. Le projet pensé pour ouvrir une nouvelle étape devient donc, dans les faits, le quinzième et dernier album studio de sa discographie.
Le seul album de Genesis avec Ray Wilson
Vingt-neuf ans après sa sortie américaine, …Calling All Stations… raconte avant tout une tentative de continuité. Banks et Rutherford choisissent de conserver le nom de Genesis, recrutent une nouvelle voix, invitent deux batteurs et mettent en scène cette transformation de Berlin à la Floride. Pourtant, la place limitée de Wilson dans l’écriture montre aussi combien le projet reste tenu par le noyau historique encore présent.
La version remasterisée, créditée en 2007, demeure aujourd’hui disponible sur les principales plateformes numériques. Elle conserve la trace de cette courte configuration : un seul album avec Ray Wilson, une tournée en 1998, puis plus aucun disque studio de chansons originales. Ce qui devait établir un nouveau Genesis est ainsi devenu le dernier chapitre de son parcours en studio.