08 août 2026
Il y a un an, le 8 août 2025, The Black Keys publiaient No Rain, No Flowers. Ce treizième album studio de Dan Auerbach et Patrick Carney est né dans le prolongement direct d’une année mouvementée, marquée par l’annulation de la tournée prévue après Ohio Players. Au lieu de laisser cette interruption refermer le cycle, le duo a réinvesti le temps libéré dans de nouvelles sessions.
Le projet prend ainsi les allures d’un album de rebond. Son titre, trouvé au cours d’une première séance avec Rick Nowels, finit par résumer la manière dont les deux musiciens ont répondu à la situation : reprendre le travail, s’entourer de quelques coauteurs et tirer de nouveaux morceaux d’un calendrier brutalement bouleversé.
Une tournée annulée, du temps soudainement disponible
En 2024, l’annulation de la tournée qui devait accompagner Ohio Players perturbe fortement les plans de The Black Keys. Patrick Carney expliquera plus tard que cet épisode les avait « totalement dérangés ». Le groupe aurait pu considérer cette pause forcée comme un temps d’arrêt. Dan Auerbach et lui choisissent au contraire de retourner travailler.
« Nous sommes retournés dans le studio de Dan pour enregistrer un tas de musique », résume Carney dans une interview accordée à Apple Music. Le temps initialement réservé aux concerts est donc consacré à des sessions à Easy Eye Sound, le studio d’Auerbach à Nashville, où le duo peut également prendre en charge la production.
La chronologie précise de l’ensemble des enregistrements reste toutefois à manier avec prudence. Certaines notices font remonter une partie des sessions à 2021, tandis que les interviews insistent sur le travail relancé après les difficultés de 2024. No Rain, No Flowers apparaît donc comme le résultat de plusieurs étapes plutôt que comme un disque entièrement enregistré dans un seul élan après l’annulation.
Easy Eye Sound devient le point de repli
Le retour à Easy Eye Sound place The Black Keys dans un environnement familier. Après plus de vingt ans d’activité commune, Auerbach et Carney y conservent leur autonomie de production, tout en ouvrant les séances à un cercle de collaborateurs extérieurs. Les crédits réunissent notamment Daniel Tashian, Scott Storch, Tommy Brenneck, Pat McLaughlin et Leon Michels.
Cette méthode ne dilue pas le noyau du groupe : toutes les chansons restent écrites par Auerbach et Carney, accompagnés selon les titres par un ou plusieurs coauteurs. Elle permet plutôt de construire l’album par rencontres successives. Daniel Tashian participe notamment à « The Night Before » et « Man on a Mission », tandis que Tommy Brenneck, Pat McLaughlin et Leon Michels rejoignent le duo autour de « Down to Nothing ».
Parmi ces invités, Rick Nowels occupe une place particulière. No Rain, No Flowers constitue sa première collaboration sur un album des Black Keys. Son apport concerne plusieurs morceaux, dont « Kiss It », « On Repeat » et surtout la chanson qui donnera son nom au disque.
Une phrase proposée à Rick Nowels donne son titre à l’album
La rencontre entre Auerbach et Nowels ne vient pas de nulle part. Avant ces séances, Auerbach avait travaillé avec Lana Del Rey sur Ultraviolence, album dont une partie des chansons avait été écrite avec Nowels. Lorsque le nom du songwriter et producteur est évoqué pour le nouveau projet des Black Keys, une session est organisée à Easy Eye Sound.
Dès leur premier jour de travail, Auerbach arrive avec une formule : « no rain, no flowers ». « J’avais cette idée, “no rain, no flowers”. Il a répondu : j’adore », raconte-t-il. Nowels lui demande alors de chanter librement la phrase, cherche la tonalité au clavier, puis participe à la structuration de la chanson à partir de ce concept.
Ce point de départ finit par dépasser le seul morceau. La formule associe l’épreuve à ce qu’elle peut produire, un rapprochement difficile à ignorer après la tournée annulée et le retour immédiat en studio. Une ligne de la chanson pousse encore cette idée : « Pas de pluie, pas de fleurs, plus de douleur, plus de force. » L’imagerie officielle prolonge le motif avec un visualizer présenté autour d’un dessin de tatouage lié au titre.
« The Night Before » ouvre le nouveau chapitre
Avant même l’annonce officielle de l’album, The Black Keys commencent à dévoiler leur nouveau matériel. « The Night Before », coécrite avec Daniel Tashian, paraît le 7 février 2025 et devient le premier single du projet. Le morceau sert ainsi de première porte d’entrée dans cette période de reprise, plusieurs mois avant la publication du disque.
« Babygirl » suit au printemps, puis d’autres extraits, parmi lesquels « Man on a Mission ». Cette dernière chanson réunit également Auerbach, Carney et Tashian à l’écriture. Le déploiement progressif permet au groupe de présenter plusieurs facettes du réseau de coauteurs mobilisé à Nashville avant de révéler le titre général de l’album.
Le 16 mai 2025, la chanson « No Rain, No Flowers » paraît à son tour. Le même jour, le duo annonce officiellement que son treizième album portera ce titre et sortira le 8 août. Le morceau conçu avec Rick Nowels devient ainsi le centre du lancement public, mais aussi la formule sous laquelle sont rassemblées des chansons issues de différentes séances.
Un album publié un an après les turbulences
No Rain, No Flowers paraît comme prévu le 8 août 2025 chez Easy Eye Sound et Warner Records, sur les plateformes ainsi qu’en CD et en vinyle. Plusieurs variantes colorées du disque sont commercialisées. Aux États-Unis, l’album atteint la 52e place du Billboard 200, seul repère chiffré détaillé par les sources disponibles.
Dans leur présentation du disque, plusieurs médias, dont l’Associated Press, NPR et Apple Music, retiennent surtout la façon dont The Black Keys donne une tournure positive à une année turbulente. Ils relèvent également la présence, dans l’album, d’éléments blues, garage, psychédéliques et roots associés au groupe.
La sortie s’accompagne du No Rain, No Flowers Tour, annoncé pour l’été et l’automne 2025. Après l’annulation de la tournée précédente, ce retour sur scène donne une conséquence concrète au travail effectué pendant la pause forcée : le nouvel album devient le point de départ d’un autre cycle de concerts.
No Rain, No Flowers, le récit d’une reprise immédiate
Un an après sa publication, l’histoire de No Rain, No Flowers tient moins à une session unique qu’à l’assemblage de plusieurs circonstances. Des enregistrements amorcés plus tôt, un calendrier de tournée bouleversé, le retour à Easy Eye Sound et l’arrivée de coauteurs comme Daniel Tashian ou Rick Nowels ont convergé vers le même disque.
La naissance de la chanson-titre en fournit l’image la plus nette. Une phrase apportée par Dan Auerbach lors d’une première séance avec Nowels est devenue une chanson, puis le nom de l’album et la clé de lecture publique de cette période. Pour The Black Keys, les difficultés de 2024 n’ont pas seulement précédé No Rain, No Flowers : elles ont créé l’espace dans lequel le projet a pu prendre forme.