20 octobre 2026
Les Rolling Stones célèbrent aujourd’hui les trois ans de Hackney Diamonds, leur premier album de compositions originales depuis A Bigger Bang. Pour sortir de dix-huit années de projets inachevés, le groupe a accepté la méthode directe d’Andrew Watt, producteur chargé de trier les chansons et de resserrer les séances.
Ronnie Wood a résumé l’intervention d’Andrew Watt avec une image empruntée aux cartes : « Andrew came in, bossed us around, listened to the stuff, shuffled the pack, and chose the royal flush of the songs. » Autrement dit, le producteur est arrivé, a bousculé le groupe, écouté le matériel existant, rebattu le jeu et retenu ce qu’il considérait comme la meilleure combinaison. Derrière la formule se trouve la décision déterminante de Hackney Diamonds : après des années de travail sporadique, les Rolling Stones ont laissé un nouvel interlocuteur réorganiser leur répertoire et imposer un cadre plus resserré.
Andrew Watt rebat les cartes
Lorsque le projet prend forme, les Rolling Stones n’ont plus publié d’album constitué de nouvelles compositions depuis A Bigger Bang, paru dix-huit ans auparavant. Des morceaux ont été travaillés entre-temps, mais le groupe reste confronté à des projets qui n’aboutissent pas. L’arrivée d’Andrew Watt marque une rupture avec ce fonctionnement. Plus jeune que les musiciens qu’il rejoint en studio, il ne se contente pas d’accompagner les séances : il intervient dans le choix et l’organisation du matériel.
Cette méthode permet au groupe d’enregistrer rapidement. Watt produit l’ensemble de l’album et participe aussi à l’écriture de trois chansons. Son rôle dépasse ainsi celui d’un technicien placé derrière la console : il contribue directement au répertoire tout en aidant les Stones à passer d’une accumulation de travail à une sélection destinée à former un disque achevé.
La relation décrite par Ronnie Wood repose sur une autorité inhabituelle face à un groupe disposant déjà de plusieurs décennies d’expérience. Le producteur « bossed us around », selon ses mots : il les dirige, déplace les cartes et réduit les possibilités. Cette discipline constitue le cœur de la fabrication de Hackney Diamonds, davantage qu’un simple retour en studio après une longue interruption discographique.
Un nouveau chapitre sans Charlie Watts
Hackney Diamonds est également le premier album enregistré par les Rolling Stones après la mort de Charlie Watts. Steve Jordan assure la batterie sur ce nouveau projet. Ce changement place le groupe dans une configuration historique différente au moment même où il cherche à retrouver une dynamique collective et à mener enfin un album de compositions originales jusqu’à son terme.
Autour de Mick Jagger, Keith Richards et Ronnie Wood, le disque réunit plusieurs invités majeurs. Paul McCartney intervient à la basse, tandis que Stevie Wonder, Lady Gaga et Elton John participent également à l’album. Bill Wyman, ancien bassiste des Rolling Stones, figure lui aussi parmi les collaborateurs. Cette réunion ne remplace toutefois pas le travail de sélection conduit par Watt : les invités s’inscrivent dans un projet déjà recentré autour de chansons retenues pour constituer un ensemble cohérent.
Le disque et les Rolling Stones sont diffusés sur RADIO COLLECTION. Trois ans après sa parution, Hackney Diamonds reste associé à cette transition particulière : poursuivre sans Watts, accueillir Steve Jordan et confier à un producteur extérieur le soin de remettre de l’ordre dans un chantier longtemps resté ouvert.
Angry, le retour mesurable des Stones
Choisi pour présenter l’album, Angry porte immédiatement le retour des Rolling Stones aux compositions originales. La chanson fait partie des trois titres cosignés par Mick Jagger, Keith Richards et Andrew Watt. Elle montre ainsi que l’influence du producteur se joue aussi dans l’écriture, et pas uniquement dans le rythme des séances ou la sélection finale.
Le résultat dépasse l’annonce d’un nouvel album. Angry devient le premier titre des Rolling Stones à entrer dans le Top 40 britannique depuis Rain Fall Down en 2005. Cette performance donne une traduction concrète au retour du groupe : dix-huit ans après son précédent album original, une nouvelle chanson des Stones retrouve une place dans cette partie du classement britannique.
La trajectoire de Hackney Diamonds se prolonge ensuite jusqu’aux Grammy Awards. En 2025, l’album remporte le prix du meilleur album rock. La récompense vient consacrer un projet né d’une contrainte acceptée par le groupe : cesser de laisser les séances se disperser, choisir les morceaux et terminer le disque. La formule de Ronnie Wood prend alors tout son sens. Andrew Watt avait rebattu les cartes ; les Rolling Stones sont repartis avec la combinaison gagnante.
Sources et pour aller plus loin
L’enquête de Rolling Stone Australia éclaire la genèse du projet, la méthode d’Andrew Watt et son rôle dans la sélection des chansons. L’entretien publié par NME apporte les déclarations de Ronnie Wood sur les séances, le changement de batteur et les invités réunis sur l’album.
Les données d’Official Charts permettent de mesurer le parcours britannique d’Angry, premier Top 40 du groupe depuis 2005.
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