Thomas McClary célèbre ce 6 octobre son 77e anniversaire. Bien avant le solo de guitare d’Easy et les succès des Commodores, son parcours passe par l’intégration scolaire en Floride puis par une rencontre décisive avec Lionel Richie à l’université Tuskegee.
La scène tient à peu de chose : une file d’inscription à l’université Tuskegee. Thomas McClary y rencontre Lionel Richie, avant que les deux étudiants ne commencent à constituer un groupe en 1968. La formation porte d’abord le nom de The Mystics, puis devient The Commodores. Derrière cette naissance souvent résumée à une aventure collective se trouve donc un face-à-face fortuit, suivi d’une décision très concrète : jouer ensemble.
McClary est présenté comme le fondateur des Commodores et comme celui qui recrute Richie dans la formation universitaire. Le futur interprète de Easy apporte alors claviers et saxophone, tandis que McClary tient la guitare. Cette complémentarité initiale ouvre une histoire qui conduira le groupe jusqu’à Motown, puis à un vaste répertoire où funk, soul et pop se répondent.
Le chemin de Thomas McClary ne commence pourtant pas sur un campus. Né à Eustis, en Floride, il grandit dans une ville traversée par les tensions raciales. Il compte parmi les premiers élèves afro-américains à intégrer le système scolaire public local, avant l’application générale de la décision Brown v. Board of Education.
McClary a raconté avoir marché seul jusqu’à l’école dans un contexte de violences racistes et de menaces du Ku Klux Klan. Ce souvenir dépasse l’anecdote biographique : il replace son enfance dans la réalité de l’intégration scolaire aux États-Unis. Son livre Rock & Soul relie d’ailleurs cette mémoire personnelle à son itinéraire musical, sans séparer les débuts de l’artiste de l’histoire sociale qu’il a traversée.
Quelques années plus tard, Tuskegee représente un nouveau point de départ. La rencontre avec Lionel Richie dans cette file d’inscription ne produit pas immédiatement les succès qui suivront, mais elle met en présence deux des futurs artisans du groupe. McClary ne se contente pas de rejoindre une formation déjà installée : il participe à sa constitution, au recrutement de ses membres et à la définition de son identité.
Lorsque les Commodores signent avec Motown et s’imposent dans les années 1970, Thomas McClary occupe plusieurs postes à la fois. Il est guitariste principal, mais aussi chanteur, auteur-compositeur et producteur. Cette polyvalence permet de mesurer son rôle au-delà de la seule présence sur scène : il intervient dans l’écriture, l’interprétation et la fabrication des morceaux.
Sa guitare participe notamment aux premiers grooves funk caractéristiques du groupe. Slippery When Wet figure parmi ses premières contributions d’écriture marquantes. McClary est également associé à des titres comme Brick House, Too Hot ta Trot et I Feel Sanctified, qui éclairent le versant le plus rythmé du catalogue des Commodores.
Ce travail collectif cohabite avec des chansons devenues plus largement identifiables, parmi lesquelles Sail On et Three Times a Lady. La célébrité acquise par Lionel Richie a parfois concentré le récit autour du chanteur, mais la trajectoire de McClary rappelle que le son du groupe repose aussi sur une architecture instrumentale et des contributions partagées. Les Commodores et plusieurs de leurs titres figurent également dans la programmation de RADIO COLLECTION.
La contribution la plus immédiatement reconnaissable de Thomas McClary reste sans doute son solo de guitare sur Easy. Dans cette chanson, son intervention donne à la guitare un espace distinct au sein d’un morceau largement associé à la voix de Lionel Richie. Ce passage résume sa place dans les Commodores : parfois moins exposé que le chanteur, mais audible au cœur même de l’un des grands titres du groupe.
Une autre partie de guitare a connu un destin différent. Sur l’instrumental Machine Gun, le jeu de McClary fournit une matière qui sera plus tard samplée par les Beastie Boys pour Hey Ladies. Le lien relie deux univers et deux périodes sans effacer l’origine du son : derrière l’échantillon se trouve la guitare enregistrée par le cofondateur des Commodores.
Après environ quinze ans comme guitariste principal, McClary quitte le groupe. Les Commodores poursuivent leur parcours dans une autre configuration, tandis que son départ referme la période durant laquelle il a contribué à installer leur langage musical. La rupture ne retire rien aux traces concrètes laissées dans les enregistrements : un solo dans Easy, les grooves de Slippery When Wet ou encore cette guitare de Machine Gun réapparue chez les Beastie Boys.
Plus récemment, Thomas McClary a exprimé le souhait de réunir les Commodores. Cette intention ne constitue pas l’annonce d’une reformation effective. À 77 ans, le fil le plus solide reste donc celui des morceaux eux-mêmes : une guitare funk, une ballade devenue célèbre et un sample qui a prolongé ailleurs quelques secondes enregistrées avec le groupe.
L’entretien musical publié par Songfacts revient directement sur les contributions de Thomas McClary à Easy, Slippery When Wet et Machine Gun, ainsi que sur le sample utilisé par les Beastie Boys.
Le portrait de Central Florida Public Media apporte un éclairage complémentaire sur l’intégration scolaire à Eustis, la rencontre avec Lionel Richie et le récit autobiographique développé dans Rock & Soul.
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