Phil Collins retrouve la Motown sur Going Back, son dernier album studio à ce jour, paru il y a 16 ans

Le 13 septembre 2010, Phil Collins publiait au Royaume-Uni Going Back, un disque de reprises puisé principalement dans la soul des années 1960. Seize ans plus tard, cet hommage à la Motown demeure son dernier album studio à ce jour, fruit d’un retour aux influences qui avaient façonné son jeu et sa sensibilité musicale.

Après huit années sans nouvel album studio depuis Testify, Phil Collins aurait pu choisir de reprendre le fil de sa propre discographie. Il préfère remonter plus loin, jusqu’aux chansons de sa jeunesse. Going Back ne cherche donc pas à actualiser son personnage d’auteur-compositeur : le chanteur et batteur y revisite un patrimoine précis, celui de la soul américaine et tout particulièrement du catalogue Motown.

Le projet rassemble des titres popularisés par The Supremes, The Four Tops ou Martha and the Vandellas. Ce choix ne relève pas d’une découverte tardive. La soul américaine et le son Motown comptent depuis longtemps parmi les influences formatrices de Collins, aussi bien dans son approche de la batterie que dans son style. Le titre de l’album résume ainsi sa démarche : revenir à la musique qui précédait ses propres succès et qui avait participé à la construction du musicien.

Trois Funk Brothers pour renouer avec le son originel

Le lien avec la Motown ne repose pas seulement sur la sélection des chansons. Pour les enregistrer, Collins fait appel à trois des Funk Brothers encore en vie. Ces musiciens de studio avaient contribué au son des enregistrements historiques du label. Leur présence inscrit directement Going Back dans la continuité du répertoire auquel le disque rend hommage, sans qu’ils soient pour autant présentés comme coproducteurs du projet.

Phil Collins conserve la direction globale de l’album. Entouré d’un large ensemble de musiciens, d’arrangeurs et de techniciens, il garde la main sur la manière de recréer ces morceaux. Ce contrôle artistique donne à Going Back une place singulière dans son parcours : même composé de chansons écrites ou popularisées par d’autres, le disque reste un projet personnel, organisé autour de ses propres références.

Cette orientation permet également de distinguer l’album d’un simple recueil de standards conçu pour suivre une tendance. Dans une analyse rétrospective, Ultimate Classic Rock oppose ainsi la démarche de Collins aux séries de reprises pensées comme des opérations commerciales et décrit plutôt Going Back comme un hommage à une musique qui l’avait profondément influencé. Le répertoire, centré sur la période classique de la soul et de la Motown, soutient cette lecture.

Carole King au cœur d’un retour vers les années 1960

La chanson Going Back, qui donne son nom au disque, est associée au répertoire de Carole King. Plusieurs compositions liées à cette dernière figurent sur l’album, au point que son site officiel relaie ensuite le parcours britannique du disque. Ce morceau-titre devient le pivot d’un projet dont le nom fonctionne à plusieurs niveaux : retour au studio, retour aux racines soul et retour sur une influence ancienne à un moment charnière de la carrière de Collins.

La sélection demeure principalement tournée vers les standards soul des années 1960. Elle privilégie donc la cohérence plutôt qu’un panorama général de la chanson américaine. Collins ne juxtapose pas des époques et des styles sans lien : il concentre le disque sur le répertoire qui l’a formé. La participation des Funk Brothers renforce encore cette unité, en rapprochant les nouvelles versions de l’histoire des morceaux choisis.

Les détails précis du calendrier et des lieux d’enregistrement restent peu documentés. La construction éditoriale du projet est en revanche claire. Atlantic Records et WEA le proposent en CD, en vinyle et en téléchargement, tandis qu’une Ultimate Edition européenne associe un CD à un DVD. Cette configuration enrichie accompagne la présentation d’un album conçu comme un projet complet plutôt que comme une parenthèse isolée.

Du calendrier international à la première place britannique

La publication s’effectue selon un calendrier variable d’un territoire à l’autre. Si le 13 septembre 2010 constitue la date de référence au Royaume-Uni et sur une grande partie des marchés européens, le disque est mis en vente plus tôt dans certains pays : le 7 septembre en Allemagne et le 10 septembre en Italie. Il paraît ensuite le 15 septembre au Japon, sous la référence Warner Music Japan WPCR-13919, puis le 28 septembre aux États-Unis via Atlantic Records.

Au Royaume-Uni, Going Back atteint la première place du classement des albums. Le disque y obtient également une certification or. Son parcours dépasse le marché britannique : il est certifié platine en Allemagne et or en Autriche, en Suisse ainsi qu’au Canada, tout en décrochant des positions élevées dans plusieurs autres pays européens. Le retour de Collins vers un répertoire des années 1960 rencontre ainsi un public international au début des années 2010.

Ce succès prend un relief particulier dans la trajectoire du chanteur. Huitième album studio de Phil Collins, Going Back précède une période de retrait d’environ quatre ans. Collins annonce alors une forme de retraite, avant de revenir à la musique vers 2015. À la date de ce seizième anniversaire, aucun autre album studio n’a succédé à ce disque de reprises.

Going Back reste donc placé à l’extrémité de sa discographie studio, sans avoir été présenté comme un récapitulatif de ses propres chansons. Pour ce dernier projet à ce jour, Collins avait choisi les voix de The Supremes, The Four Tops, Martha and the Vandellas, les compositions associées à Carole King et la présence de trois Funk Brothers : non pas ses anciens succès, mais les morceaux qui existaient avant eux.