Mainstream, troisième et dernier album studio de Lloyd Cole and the Commotions, fête aujourd’hui ses 39 ans. Conçu avec un budget sans précédent pour le groupe et l’ambition de toucher un public plus large, le disque porte déjà en lui la perspective d’une séparation.
Cinq mois de travail, environ 300 000 livres dépensées et un groupe conscient que l’aventure touche probablement à sa fin : la naissance de Mainstream dépasse largement le cadre d’un simple troisième album. Lloyd Cole and the Commotions engage alors dix fois le budget consacré à Rattlesnakes. Cette différence d’échelle traduit l’importance accordée au projet, mais aussi la volonté de ne pas quitter la scène sans avoir tenté un disque plus ambitieux.
Pour conduire les séances, le groupe fait appel à Ian Stanley, connu pour son travail avec Tears for Fears. Bruce Lampcov assure ensuite le mixage. La durée de l’enregistrement et son coût donnent à Mainstream une dimension particulière dans l’histoire des Commotions : jamais la formation n’avait mobilisé de tels moyens pour un album.
Son titre agit comme un programme. À l’époque, Lloyd Cole veut être entendu par un large public, une ambition relevée dès la sortie du disque par la presse britannique. Mainstream ne dissimule donc pas cette recherche d’accessibilité : elle est annoncée dès la pochette, en un seul mot, avec une franchise presque provocatrice pour un groupe déjà installé.
Cette ouverture passe aussi par des interventions extérieures ciblées. Stewart Copeland, batteur de The Police, produit spécifiquement Hey Rusty. Sur Big Snake, Tracey Thorn intervient au chant tandis que Jon Hassell joue de la trompette. Plutôt qu’une accumulation d’invités, ces collaborations ponctuelles inscrivent plusieurs personnalités distinctes au cœur du dernier disque du groupe.
Parmi les chansons de l’album, Jennifer She Said repose sur une scène très précise. Lloyd Cole la présente comme l’histoire d’un homme enlacé avec une jeune femme. Celle-ci remarque alors qu’il porte un tatouage qui n’est pas à son nom. Ce détail suffit à faire surgir le passé du personnage au milieu de l’étreinte.
La chanson aurait pourtant pu livrer davantage d’explications. Une troisième strophe avait été écrite, avant d’être supprimée parce qu’elle explicitait trop l’histoire. La version définitive conserve ainsi la découverte du tatouage comme son ressort narratif central, sans ajouter le passage qui devait en préciser les circonstances. Devenue single, Jennifer She Said atteindra la 31e place du classement britannique.
Mister Malcontent part d’une autre figure de fiction. Cole relie son personnage au rôle tenu par Daniel Day-Lewis dans My Beautiful Laundrette. Il décrit un homme influençable, attiré par les mouvements politiques, mais incapable de mesurer les conséquences de ses décisions. L’inspiration ne repose donc pas sur une simple référence au film : elle fournit à la chanson le modèle d’un personnage emporté par des choix qu’il ne comprend pas entièrement.
À sa sortie britannique, le 26 octobre 1987, Mainstream atteint la neuvième place du classement des albums. Ce résultat donne au projet une présence notable auprès du public que Cole souhaitait élargir. Le disque figure également dans la programmation de RADIO COLLECTION.
Ce succès ne prolonge pourtant pas durablement l’histoire collective. Selon le guitariste Neil Clark, une tournée de plus d’un an précède la séparation. Le groupe abordait déjà Mainstream en sachant qu’il constituerait probablement son dernier album : le disque devient effectivement le troisième et ultime album studio de Lloyd Cole and the Commotions.
Trente-neuf ans plus tard, sa trajectoire reste attachée à ce contraste concret : des moyens dix fois supérieurs à ceux de Rattlesnakes, cinq mois d’enregistrement, une place dans le Top 10 britannique, puis la fin du groupe après une longue tournée. Mainstream aura ainsi été à la fois une tentative d’élargissement et le dernier chapitre discographique des Commotions.
Le dossier rétrospectif de Music Week consacré à Lloyd Cole rapporte le coût et la durée de l’enregistrement, ainsi que les souvenirs de Neil Clark sur la fin du groupe. L’interview de Lloyd Cole publiée par Musician en 1988 éclaire directement les histoires de Jennifer She Said et de Mister Malcontent.
La page officielle de Mainstream détaille notamment la production de l’album et les participations de Stewart Copeland, Tracey Thorn et Jon Hassell.
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Album : Mainstream
Artiste : Lloyd Cole and the Commotions
Anniversaire : 39 ans
Date de sortie : 26 octobre 1987
À retenir : Un budget dix fois supérieur à celui de Rattlesnakes