Johnny Marr a 63 ans ce 31 octobre. Compositeur musical des Smiths, partenaire de Morrissey puis collaborateur recherché, le guitariste de Manchester a construit son parcours autour d’une méthode très concrète : partir d’un riff, d’une maquette ou d’une idée instrumentale pour faire naître une chanson.
Avant les Smiths, il y eut les reprises. Très jeune, Johnny Marr joue déjà avec Andy Rourke au sein de The Paris Valentinos, un groupe qui interprète notamment des morceaux des Rolling Stones et de Thin Lizzy. Cette première formation dessine un fil durable : la guitare n’est pas seulement pour lui un instrument d’accompagnement, mais le point de départ d’un travail collectif.
À 19 ans, Marr participe à la formation des Smiths. Le groupe signe chez Rough Trade au début de 1982 et repose sur une répartition des rôles clairement établie : Marr compose la musique, tandis que Morrissey écrit les paroles. Cette association devient le tournant décisif de son parcours et place le jeune guitariste au cœur d’un groupe dont le son contribuera à définir une partie de la pop indépendante des années 1980.
La mécanique créative du duo ne suit pas une formule unique. Marr et Morrissey peuvent travailler ensemble, en présence l’un de l’autre, le guitariste arrivant avec une idée à présenter. Mais Marr envoie également des maquettes instrumentales à son partenaire, qui pose ensuite ses textes sur cette matière musicale. Certaines chansons sont même écrites par séries de trois, comme si une première impulsion en appelait immédiatement d’autres.
Cette méthode éclaire le rôle exact de Marr au sein des Smiths. Il ne s’agit pas de lui attribuer seul l’écriture du répertoire, mais de distinguer deux contributions complémentaires : la construction musicale pour Marr, les paroles pour Morrissey. Riffs, accords, mélodies et textures forment ainsi l’architecture sur laquelle les mots viennent prendre place.
L’histoire de Heaven Knows I’m Miserable Now donne à ce processus un décor précis. Marr a raconté que la musique lui était venue dans une chambre d’hôtel à New York, peu après avoir reçu une guitare électrique qu’il convoitait. Une chambre, un nouvel instrument et une idée musicale suffisent alors à déclencher l’une des chansons identifiables du répertoire des Smiths. Le groupe et les titres de Johnny Marr figurent également dans la programmation de RADIO COLLECTION.
Le goût de Marr pour les échanges ne commence pas après les Smiths. Pendant les années du groupe, il travaille déjà sur des projets extérieurs, notamment avec Billy Bragg, Everything But the Girl, Kirsty MacColl et Talking Heads. Ces sessions montrent qu’il refuse très tôt d’enfermer son jeu et sa composition dans un seul cadre.
Après environ cinq années d’activité, Marr quitte les Smiths. Ce départ ne met pas fin à sa manière de créer : il ouvre au contraire un second acte fait de collaborations, de nouveaux projets et, plus tard, d’un parcours solo. Le guitariste continue de partir d’idées instrumentales qu’il confronte à d’autres écritures et à d’autres personnalités musicales.
Electronic en fournit un exemple particulièrement net. Aux côtés de Bernard Sumner, Marr compose le refrain et le matériau instrumental initial de Getting Away with It. Cette première impulsion devient la base de la chanson, ensuite développée avec Sumner et les Pet Shop Boys. Le morceau ne naît donc pas d’un texte déjà formé, mais d’un fragment musical suffisamment solide pour organiser tout le reste.
Chez Johnny Marr, la composition commence souvent avant même qu’un morceau possède sa forme définitive. Un riff, un enchaînement ou un titre peuvent servir de déclencheur. Pour Dynamo, l’idée apparaît dans un bus : Marr imagine d’abord le titre, puis développe la chanson. Le point de départ change, mais la logique demeure. Il faut capter une impulsion, puis lui donner une structure.
Cette attention aux idées instrumentales permet de comprendre la continuité entre les Smiths, Electronic et ses projets personnels. Marr ne se limite pas à ajouter une partie de guitare sur une chanson déjà écrite. Il travaille la matière qui peut faire exister la chanson elle-même, puis l’ouvre à la contribution d’autres musiciens. Sa trajectoire, depuis les reprises jouées avec Andy Rourke jusqu’aux collaborations menées après les Smiths, repose sur ce mouvement constant entre initiative individuelle et construction collective.
Cette méthode demeure au centre de son activité récente. The Age of Everything, annoncé comme un album de dix titres, devait réunir des morceaux écrits à Londres, développés pendant des concerts en Amérique du Nord puis enregistrés à Manchester. Sa sortie avait été annoncée pour le 2 octobre 2026, sans que la disponibilité effective du disque soit confirmée dans les éléments établis au 30 octobre.
Le projet ramène ainsi Marr à Manchester, la ville de ses premiers groupes et de la formation des Smiths, tout en conservant une méthode mobile : écrire dans un lieu, éprouver les morceaux ailleurs, puis les enregistrer dans un troisième cadre. À 63 ans, Johnny Marr reste associé à ce geste précis, celui qui transforme une idée de guitare en point de rencontre.
L’entretien accordé à Guitar Player détaille le travail de Johnny Marr avec Morrissey, entre séances en face à face et échanges de maquettes. Le portrait publié par Paste Magazine revient sur ses débuts avec Andy Rourke et The Paris Valentinos.
L’entretien de MusicRadar apporte le récit direct de la naissance de Getting Away with It et du travail mené avec Bernard Sumner et les Pet Shop Boys.
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Artiste : Johnny Marr
Groupe : The Smiths
Anniversaire : 63 ans
Date de naissance : 31 octobre 1963