Il y a 19 ans, KT Tunstall publiait Drastic Fantastic, le très attendu successeur d’Eye to the Telescope. Produit par Steve Osborne, ce deuxième album devait prolonger une ascension déjà spectaculaire sans réduire la chanteuse britannique à la réussite de ses débuts.
Pour un artiste, le premier succès ouvre des portes. Le deuxième album révèle souvent à quel point elles peuvent être lourdes. Lorsque Drastic Fantastic arrive en septembre 2007, KT Tunstall n’est plus une nouvelle venue que le public découvre progressivement. Chanteuse, compositrice et multi-instrumentiste, elle est déjà reconnue et récompensée grâce aux chansons d’Eye to the Telescope. Son nouveau disque est donc présenté d’emblée comme un rendez-vous très attendu, le prolongement direct d’un premier album qui l’a installée au Royaume-Uni au milieu des années 2000.
Cette position change la nature du projet. Drastic Fantastic n’a pas seulement à exister par lui-même : il doit confirmer que cette percée peut devenir une trajectoire. Le disque paraît sous les couleurs de Relentless Records et Virgin, avec Steve Osborne à la production. KT Tunstall demeure la principale autrice-compositrice de l’ensemble, conservant sa plume au centre d’un projet désormais soutenu par un important dispositif de production, de distribution et de promotion.
Plutôt que de diluer cette étape décisive dans un programme trop long, KT Tunstall et Steve Osborne livrent un album resserré d’environ 39 minutes. Ce format donne à Drastic Fantastic les dimensions d’une réponse concise à l’attente née du précédent disque. La chanteuse y poursuit une écriture située entre pop rock, folk et tradition de l’auteur-compositeur-interprète, avec une alternance entre morceaux directs et passages plus introspectifs.
La construction de l’album place immédiatement KT Tunstall au premier plan. Écrit par elle, Little Favours ouvre la liste des titres sur plusieurs éditions. Ce choix en fait la première porte d’entrée dans le disque et met en avant son versant énergique. Plus loin, Funnyman occupe une place centrale et apporte une couleur plus mélodique et intérieure. Saving My Face, également mis en avant autour de la parution, porte quant à lui une dimension plus émotionnelle.
Ces trois chansons dessinent moins une rupture avec Eye to the Telescope qu’une volonté de consolider l’identité de KT Tunstall. L’enjeu n’est pas de faire oublier le premier album, mais de montrer que son écriture peut soutenir un deuxième ensemble complet. En restant la principale signataire des morceaux, elle évite que ce disque de confirmation ne ressemble à une simple commande destinée à reproduire une formule commerciale.
La chronologie exacte de la sortie varie selon les territoires. Une première mise en avant britannique et écossaise est mentionnée dès le 3 septembre 2007, tandis que le 7 septembre est retenu dans une communication destinée au marché germanophone. Le 10 septembre constitue la date de référence au Royaume-Uni, en France et dans plusieurs pays européens. Les États-Unis et le Canada accueillent ensuite l’album le 18 septembre.
Ce déploiement s’accompagne de plusieurs configurations : CD standard, version CD/DVD, vinyle et téléchargement numérique. À la fin des années 2000, Drastic Fantastic est ainsi proposé à la fois comme album traditionnel, objet enrichi et publication dématérialisée. Son appartenance au catalogue Relentless/Virgin lui assure une présence large, à la mesure des attentes entourant le retour de KT Tunstall.
L’accueil critique se révèle partagé, oscillant globalement entre réserves et avis positifs. Le public, lui, conduit le disque vers des positions élevées. Drastic Fantastic atteint la première place du classement des albums en Écosse et la troisième au Royaume-Uni. Il entre également dans le top 10 américain, un résultat notable pour ce deuxième album publié outre-Atlantique quelques jours après son lancement européen.
Les certifications prolongent cette réussite : Drastic Fantastic obtient un disque d’or au Royaume-Uni ainsi qu’en Irlande. Sans reproduire exactement le phénomène de découverte associé à Eye to the Telescope, il confirme que KT Tunstall peut transformer l’attention portée à ses débuts en une nouvelle performance commerciale. Le redouté « deuxième album » devient donc une étape de consolidation, soutenue par des ventes significatives au Royaume-Uni comme aux États-Unis.
Cette réussite tient aussi à la lisibilité du projet. Un peu moins de quarante minutes, une production confiée à Steve Osborne et une écriture largement portée par KT Tunstall : Drastic Fantastic présente clairement celle qui dirige le disque. Son parcours dans les classements montre que le public de la chanteuse a suivi ce passage entre révélation et confirmation, malgré une réception critique qui n’était pas uniformément enthousiaste.
La trajectoire de l’album ne s’est pas arrêtée à son exploitation initiale. Une Ultimate Edition ultérieure, éditée par Universal Music Operations Limited, a considérablement élargi le contenu original. Là où l’album de 2007 tenait en environ 39 minutes, cette version de catalogue rassemble 38 titres pour une durée dépassant deux heures et vingt-six minutes.
Ce changement d’échelle donne une mesure concrète de la place conservée par Drastic Fantastic dans la discographie de KT Tunstall. Dix-neuf ans après sa sortie de référence, le disque demeure disponible sous cette forme augmentée. Le deuxième album autrefois chargé de confirmer Eye to the Telescope est ainsi devenu un vaste ensemble de catalogue : 38 plages pour prolonger les 39 minutes sur lesquelles, en septembre 2007, se jouait une étape décisive de sa carrière.