What a Life! fête aujourd’hui ses 41 ans. Pour leur deuxième album, les Divinyls ont longuement retravaillé leur formule, jusqu’à faire appel à Mike Chapman afin de concilier leur intensité avec un son plus accessible au marché américain.
Au moment de préparer la suite de Desperate, Mark McEntee ne veut pas simplement reproduire en studio l’énergie scénique des Divinyls. Le guitariste considère que le premier album ressemblait encore trop à un enregistrement live. Cette fois, le groupe cherche une production plus construite, capable d’ouvrir les morceaux et de favoriser davantage d’expérimentation. Cette volonté va transformer la fabrication de What a Life! en un processus à plusieurs étapes, avec trois producteurs successivement associés au projet.
Mark Opitz commence à travailler sur le disque à la fin de 1983. Les Divinyls ne s’arrêtent pourtant pas à cette première phase : ils reprennent leurs chansons, les remanient et retournent en studio environ un an plus tard avec Gary Langan. Ce changement répond à une ambition clairement formulée par McEntee : « We needed somebody to make it a more “recorded” album, who would open things out and experiment more. » Le groupe veut donc un album qui assume pleinement le travail de studio plutôt qu’une simple restitution de sa puissance en concert.
Cette deuxième étape ne règle pas tout. Christina Amphlett et Mark McEntee estiment que les nouveaux mixes ne sont pas assez rock. Ils partent alors aux États-Unis chercher Mike Chapman, producteur et auteur déjà rompu à la conception de chansons destinées à un large public. Chapman reprend les titres précédemment enregistrés et les remixe. Son intervention devient ainsi le troisième temps d’une fabrication engagée près de deux ans auparavant.
L’enjeu dépasse une simple correction sonore. Les Divinyls cherchent à mieux atteindre le marché américain tout en conservant l’identité agressive et intense qui les distingue. What a Life! naît de cette tension : rendre le groupe plus accessible sans effacer ce que la voix et la présence de Christina Amphlett apportent de frontal. L’album, comme le groupe, figure aussi dans la programmation de RADIO COLLECTION.
L’arrivée de Chapman ne se limite pas au remixage. Avec Holly Knight, il cosigne Pleasure and Pain, une exception importante dans le fonctionnement des Divinyls. Le morceau ne vient pas du noyau d’écriture habituellement associé à Amphlett et McEntee : il est apporté par deux auteurs extérieurs, puis produit par Chapman dans le cadre de la nouvelle orientation recherchée pour l’album.
Pleasure and Pain devient le premier single de What a Life!. Son rôle résume la stratégie du disque : la transformation ne repose pas uniquement sur de nouveaux réglages en studio, mais aussi sur l’introduction d’une composition conçue avec Chapman lui-même. Producteur, remixeur et coauteur, celui-ci intervient donc à plusieurs niveaux dans la dernière phase du projet.
Ce choix éclaire également le chemin parcouru depuis les premières séances avec Mark Opitz. Au lieu de conserver une seule méthode de production, les Divinyls ont accepté de reprendre les chansons, de changer d’interlocuteur puis de confier les mixes à un troisième producteur. What a Life! ne correspond pas à une rupture soudaine, mais au résultat d’ajustements successifs destinés à trouver un équilibre entre force d’attaque et efficacité radiophonique.
À sa parution, ce déplacement vers un rock plus accessible est immédiatement relevé par la critique. Le Los Angeles Times considère que les Divinyls ont sacrifié une partie du mystère et de la rudesse de leur premier album. Le journal souligne néanmoins que l’orientation plus grand public n’a pas neutralisé la personnalité vocale ni la passion de Christina Amphlett. Le compromis recherché en studio reste donc perceptible : les arrangements évoluent, mais la chanteuse demeure le point de résistance du disque.
En Australie, l’album atteint la quatrième place du classement et demeure 32 semaines dans le palmarès. Ce résultat donne une portée concrète au patient travail entrepris depuis la fin de 1983. Après les premières séances, la réécriture, le passage de Gary Langan et l’intervention finale de Mike Chapman, les Divinyls obtiennent avec leur deuxième album l’un de leurs résultats nationaux les plus visibles de cette période.
Quarante et un ans plus tard, la naissance de What a Life! reste surtout l’histoire d’un groupe qui refuse deux solutions trop simples : reproduire son premier disque ou lisser entièrement son identité pour l’exportation. Le choix décisif consiste à repartir travailler, puis à faire entrer Chapman dans le projet. Pleasure and Pain, chanson extérieure devenue pièce centrale de l’album, condense ce changement de méthode.
L’article contemporain de Billboard, « Divinyls Tone Down Their Attack », apporte le récit de Mark McEntee sur les différentes étapes de production, la recherche d’un album plus construit et l’intervention de Mike Chapman. La critique du Los Angeles Times, « Divinyls—Less Desperate », offre un contrepoint contemporain sur l’évolution sonore du groupe et la place préservée par Christina Amphlett.
À lire aussi : retrouvez notre sélection consacrée aux anniversaires d’albums Pop Rock.
Album : What a Life!
Artiste : Divinyls
Anniversaire : 41 ans
Date de sortie : 28 octobre 1985
À retenir : Trois producteurs ont successivement façonné l’album